Changement de rythme

Après une belle journée de glissades, hier, propulsés par un flux de secteur sud-ouest soufflant entre 20 et 25 nœuds qui leur a permis de tenir des moyennes comprises entre 13 et 15 nœuds et de progresser à vitesse grand V sur la route directe, les 13 duos de la Les Sables – Horta se sont, comme prévu, fait rattrapés par un front froid en milieu de la nuit dernière. Ils composent donc désormais avec un vent de secteur nord-ouest. « Le front s’est rapproché petit à petit, avec beaucoup de pluie et quelques gros nuages, mais nous n’avons pas subi de grains. Nous avons tenté de grapiller quelques milles à nos petits camarades proches et ça ne s’est pas mal passé puisqu’on a retrouvé AINA à vue en fin d’après-midi. Le front nous est finalement tombé dessus avec une rotation rapide et assez peu de ralentissement », a commenté Catherine Pourre (Eärendil) qui, avec près de 300 milles avalés ces 24 heures, a été la plus rapide de la flotte ces dernières 24 heures, et caracole désormais dans la roue du duo Aymeric Chappellier – Rodrigue Cabaz. « A chaque fois que l’on arrive à creuser un peu l’écart, un grain ou un front nous empêche de continuer, et nous oblige à attendre les autres concurrents. C’est frustrant, mais c’est la course », a indiqué de son côté le skipper d’AINA Enfance et Avenir qui avait compté jusqu’à 8 milles d’avance sur son poursuivant le plus proche, hier, et qui voit, ce dimanche matin, la paire Pourre – Luciani a seulement 1,2 mille de son tableau arrière. Reste que l’un et l’autre ont légèrement fait le break ces dernières heures, puisqu’ils affichent un bonus d’une vingtaine de milles sur le gros du peloton qui s’est recalé presque pile-poil dans leur sillage. « On en profite pour sécher un peu et reprendre des forces après un début de course humide d’autant que la mer est calme », a ajouté l’actuel leader de ce deuxième acte. Son de cloche identique du côté de Charles-Louis Mourruau à bord de Colombre XL. « Aujourd’hui, on est enfin relativement au sec. Hier, ça mouillait méchamment. En amont du front, le bateau avait pris des allures de sous-marin mais la nuit que l’on vient de passer a été plutôt douce, et nous voilà d’attaque pour une nouvelle escarmouche », a relaté le co-skipper d’Estelle Greck qui s’est, depuis peu, installé en troisième position et joue à présent des coudes avec Beijaflore (William Mathelin – Moreaux – Marc Guillemot) et Volvo (Jonas Gerckens – Sophie Faguet. « Choquer-border, choquer-border, choquer-border : c’est un feu d’artifice de réglages des voiles en ce 14 juillet ! Dans un vent assez changeant en force et direction, on doit être dessus pour avoir les bons réglages et la bonne gîte. C’est un travail de tous les instants, mais c’est le prix à payer pour tenir les copains de devant », a expliqué le navigateur belge, vainqueur de la première étape, bien conscient que des premiers écarts significatifs se sont à présent créés au sein de la flotte. Pour preuve, plus de 120 milles séparent maintenant le premier et le dernier tandis que la flotte s’étale sur près de 70 milles en latéral.

 

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