Déclarations d’arrivée (1)

Catherine Pourre, skipper d’Eärendil, 4e à Horta : « Sur la fin, on a fait une mauvaise option. On est descendu au sud car on s’est convaincu, à un moment, qu’on n’avait pas assez de vitesse et qu’il fallait qu’on aille chercher de la pression. Dans le même temps, on pensait aussi que ça passerait sans doute beaucoup plus par le sud puisque la météo était en avance sur ce qu’on avait vu avant de partir. Du coup, on a fait ce « move » beaucoup trop tôt. On aurait clairement dû attendre parce qu’on se serait forcément repositionné derrière Volvo et AINA Enfance et Avenir. Là, il se trouve qu’on n’a pas eu plus de vent. On aurait vraiment dû rester sur notre lancée, gérer avec ce qu’on avait puis décider à la dernière minute si on allait dans le nord ou dans le sud. Au final, ça a nous coûté l’avance qu’on avait. Mais bon, ce n’était pas simple car ça revenait tout le temps de derrière. J’ai compté au moins quatre arrêts buffet et ce n’était pas forcément les premiers qui repartaient avant les autres. C’était parti pour être quand même un peu la loterie et on ne s’en sort pas trop mal car on s’est vraiment fait peur hier. Si on était resté derrière Sao Jorge, ça aurait pu être catastrophique. L’un dans l’autre, ça va. »

Pietro Luciani, co-skipper d’Eärendil, 4e à Horta : « Sur la fin, on a perdu notre avance régulièrement. Du coup, on s’est énervé un peu et la fatigue n’a pas aidé. En clair, on a manqué de lucidité et on a fait les mauvais choix à deux ou trois reprises. La première partie de course s’est, en revanche, bien passée. J’étais très content car on a réussi à tenir la cadence imposée par AINA surtout. Au final, je suis très content pour Jonas (Gerckens, le vainqueur de cette première étape, ndlr). Sa chance, comme il a un bateau qui va moins vite, c’est d’avoir eu une course lors que laquelle s’est constamment revenu par derrière. Cela lui a donné la possibilité de rester coller à AINA mais après il a joué toutes ses cartes parfaitement. Chapeau à lui, surtout qu’on sait qu’AINA navigue de façon très solide. Beijaflore, qui a fait des choses différentes au début, a aussi très bien navigué, contrairement à nous. On fera mieux sur l’étape retour. »

Vincent Leblay, skipper de Cré’actuel, 5e à Horta : « Les deux-trois premiers jours ont été assez difficiles avec des nuits où ça tapait fort. Pour dormir, pas facile, mais je m’y suis fait plutôt bien. Ça s’est bien passé avec Bertrand. On s’est bien entendu. J’ai été pour lui, je pense, un bon équipier, et j’ai su m’adapter rapidement. On a fini fort parce qu’hier soir, on était 3e, mais on a eu la pétole et on a perdu quatre places avant d’en récupérer deux. Ça a été une bonne prépa pour la Transat Jacques Vabre car on a eu de tout : du gros temps, du beau temps, de la pétole… On a essayé toutes les voiles. Je suis très content de cette première étape. J’appréhendais un peu quand même, mais ça s’est bien passé. On finit dans le Top 5. C’était l’objectif, on va dire irréalisable pour moi au départ, mais j’avais ça dans un coin de ma petite tête. On l’a fait donc c’est super. On aurait pu mieux faire mais aussi moins bien faire… non, c’est bien. »

Bertrand de Broc, co-skipper de Cré’actuel, 5e à Horta : « On s’est super bien entendu mais on a encore beaucoup de progrès à faire sur ce bateau. Ce n’est que les premières expériences nautiques de Vincent qui ne cumule que huit jours de bateau. Ça demande forcément beaucoup d’attention pour lui, et de mon côté je dois bien lui expliquer les manœuvres et ne pas forcément toiler le bateau comme il pourrait l’être mais ce n’est pas grave. C’est d’autant plus vrai que ce Class40, je le découvre moi aussi. Avec plus d’expérience du bateau, je pense qu’on aurait pu terminer plus près du paquet de tête mais on ne s’en sort pas si mal. On a tiré les bons bords. Vincent est passionné d’informatique et décortique les fichiers. On a donc réussi à partager le travail. C’est pas mal »

Mathieu Claveau, skipper de Prendre la mer, agir pour la forêt, 6e à Horta : « On est super content. Ça a bien fonctionné. On a joué « safe » au cap Finisterre et dès le début, on a opté pour l’option nord. Il s’est avéré que c’était un bon choix, en tous les cas pour notre bateau. On n’a pas au trop de retard à l’arrivée sur les Açores et on savait que dans la molle, il y aurait des coups à jouer. C’est ce qui s’est passé. On a pu revenir sur Cré’actuel et on a bien failli le passer. On s’est très bien entendu avec Christophe et c’est tant mieux car c’était notre qualif pour la Transat Jacques Vabre. D’ailleurs, de ça, on est aussi super satisfait. On est content également de courir pour soutenir la forêt. Bien sûr, on cherche quelques partenaires pour finaliser le projet mais c’est bien de voir qu’on fait des bons trucs ».

Christophe Fialon, skipper de Prendre la mer, agir pour la forêt, 6e à Horta : « L’option nord était pas mal car on savait que dans le gros temps, on ne pouvait pas rivaliser avec les autres, mais ça s’est bien enchainé et on n’est pas arrivé trop en retard aux abords de l’archipel des Açores. Après, ça a bien tamponné. Pour les premiers, ça a été dur mais pour nous, ça a été une aubaine. Hier, on a fait une grosse journée dans la pétole et on ne pensait pas pouvoir rattraper certains bateaux mais voilà, on a chopé le petit brizou d’air qui a fait qu’on a pu dérouler car si c’est vrai qu’on a un vieux bateau, il marche super bien dans le petit temps. On savait qu’on avait une carte à jouer et on l’a fait. A l’arrivée, c’est une 6e place et on termine premier bateau Vintage. C’était un peu l’objectif. On a bien tricoté et on s’est bien positionné par rapport à nos concurrents. On aurait presque pu gagner encore une place mais aussi perdre gros si les gars du sud étaient passés. Tout ça s’est joué à pas grand-chose. »

Cédric de Kervenoael, skipper de Grizzly Barber Shop – Cabinet Z, 7e à Horta : « On a bien rigolé sur le début car ça glissait tout seul. Ce n’était pas trop dur physiquement même si c’était un peu impressionnant car les Class40, quand ça va vite au portant, ça fait du bruit. La trajectoire était toute droite, toute rectiligne et comme on savait qu’on allait moins vite que les autres, on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse le moins de milles possible. On a donc évolué en milieu de flotte. Après ça, ce qui a été un peu écœurant, c’est que les nouveaux bateaux vont trois ou quatre nœuds plus vite que nous. Le premier matin, quand on a regardé les compteurs et qu’on a vu 40 milles de retard, ça nous a fait un peu mal, mais bon, on savait dès le départ qu’on ne courait pas dans la même catégorie. Au final, on finit 7e sur 13. C’est quasiment en milieu de tableau et pour ça, j’aurais signé d’avance. A présent, c’est fait. L’arrivée a été éprouvante car énervante. On a vu beaucoup d’animaux, beaucoup de choses dans l’eau, mais surtout, on n’avançait pas. En plus de ça, on ne savait pas si les gens du sud allaient passer ou pas. En étant au nord, on a eu cette espèce d’angoisse de se dire : soit on perd quatre places, soit on en gagne deux… Bref, ça a été un peu galère. Cette nuit, j’ai un peu dormi mais ça a été compliqué car on est resté tanqué sous Sao Jorge. C’est là que nos petits camarades de devant sont partis. Ils ont mieux joué le coup que nous, et ils nous ont mis dix milles ».

Nicolas Boidevezi, co-skipper de de Grizzly Barber Shop – Cabinet Z, 7e à Horta : « Super première étape avec des conditions de rêve ! Côté perf, je partais en connaissance de cause, en sachant l’âge du bateau. Avec Cédric on avait fait l’ArMen Race, ce qui nous avait permis de nous caler un peu. J’avais pu voir que je n’avais pas de souci à me faire et ça s’est confirmé. On a ainsi pu fonctionner en confiance et de façon fluide. Ça, c’est top. La trajectoire a été assez évidente, mais avec les moyens qu’on avait, on ne pouvait cependant que regarder ce qui se passait devant. En tous les cas, je suis content d’avoir retrouvé un peu le large. Ça faisait un moment que je n’avais pas fait ça sur plus de quatre jours. Pour le reste, le parcours et la destination… ce parcours entre Les Sables et Horta reste une belle aventure, même quand on l’a fait cinq fois, dix fois. On a encore eu droit à un lever de soleil incroyable ce matin. Le seul truc frustrant c’est que par rapport à « Prendre la mer, agir pour la forêt », on a été en position favorable tout le temps mais on n’a jamais réussi à transformer, et ce n’est pas faute d’avoir été dessus. »

  RépondreTransférer
   
Please follow and like us: