Le duo Chappellier – Cabaz fait coup double

Cette deuxième étape de la Les Sables – Horta s’annonçait décisive et elle a, de fait, largement rebattu les cartes en créant d’importants écarts malgré un schéma stratégique plutôt simple. En tous les cas, simple sur le papier car en réalité, en plus d’un passage de front, il y fallu négocier des zones de vent plus faibles, affiner au mieux ses trajectoires et réussir à imprimer une cadence élevée jusqu’à la fin. A ce petit jeu, le duo Aymeric Chappellier – Rodrigue Cabaz a parfaitement tiré son épingle du jeu car s’il a, dans la première moitié du parcours, souvent vu ses adversaires recoller au score, il a fait le break dans la seconde partie pour finalement s’imposer avec 1h08 d’avance sur Catherine Pourre et Pietro Luciani, puis 2h47 sur William Mathelin – Moreaux et Marc Guillemot. Au général, la donne est donc bien chamboulée. AINA Enfance et Avenir remporte ainsi la mise, et devance finalement Beijaflore et Eärendil, tandis que Volvo, qui s’était imposé à l’issue du match aller rétrograde au pied du podium.

Si les 1 270 milles de la première étape n’avaient pas créé d’importants écarts, les sept premiers étant arrivés dans un mouchoir de 5 heures et le dernier à seulement 16 heures et des poussières du vainqueur, ceux de la deuxième manche ont, à l’inverse, largement éparpillés les concurrents. En faute notamment, un passage de front qu’il a fallu négocier dans les 48 heures premières heures de course. « A ce moment-là, il y a eu un gros avantage à prendre », a expliqué Pietro Luciani qui fait partie de ceux qui ont fait le pari de contourner le fameux front par le nord et qui ont nettement pris l’avantage par rapport à ceux restés plus au sud. « La situation n’a pas été très claire à l’arrière du front. Il y a eu des zones de molle, des phases un peu aléatoires impossibles à anticiper », a commenté, pour sa part, Aymeric Chappellier qui a rapidement pris le commandement des opérations lors de ce match retour, mais qui a vu à plusieurs reprises l’élastique entre lui et ses concurrents, se tendre et se détendre, en particulier avec le binôme d’Eärendil. « Sur la première moitié du parcours, à chaque fois que l’on avait un peu fait le trou, les autres recollaient au score. Ca nous a bien agacé mais on ne s’est jamais démobilisé, même si on a eu parfois le sentiment de revivre la première étape », a indiqué le skipper d’AINA Enfance et Avenir qui, pour mémoire, avait laissé filer la victoire pour douze petites minutes alors qu’il avait mené les trois quarts du parcours, lors du premier round, après s’être retrouvé piégé par la molle Açorienne.

Une troisième victoire cette saison pour AINA Enfance et Avenir 

« Le fait que ça revienne constamment par l’arrière, ça a bien fait les affaires d’Eärendil notamment. A certains moments, il était plus rapide que nous et à d’autres, c’était l’inverse. Lors des dernières 24-36 heures, il a finalement choisi de faire la route directe et il s’est retrouvé plein cul alors que nous, on s’est positionné un peu plus sud, ce qui nous a permis de finir avec un meilleur compromis cap-vitesse », a détaillé le Rochelais qui a non seulement fait une belle trajectoire, mais aussi fait parler toute la puissance de son Mach 40.3. « On savait que ça se terminerait au reaching alors avec Rodrigue, on était assez serein d’autant qu’on a profité d’un bon thermique pour terminer et qu’on a bien accéléré sur les derniers milles », a souligné Aymeric à qui les Sables d’Olonne réussissent manifestement plutôt bien puisqu’il y a déjà remporté la Les Sables – Les Açores – Les Sables en Mini 6.50 en 2012, puis la 1000 Milles Les Sables en Class40 en 2018. « C’est une victoire qui fait naturellement plaisir même si on était venu pour ça et pas autre chose », s’est satisfait le navigateur déjà vainqueur, cette saison, du Défi Atlantique et de la Normandy Channel Race. « AINA Enfance et Avenir ne fait aucune erreur et il faut réussir à suivre. Ce n’est pas évident tout le temps, et il faut vraiment ne rien lâcher pour tenir la cadence qu’il imprime », a déclaré de son côté William Mathelin – Moreaux qui réalise, lui aussi, une très belle course. Troisième à l’aller accompagné par Amaury François, le jeune marin a de nouveau signé une belle troisième place au retour, épaulé cette fois par Marc Guillemot.

Dur pour le duo de Volvo qui perd le podium

 « Avant de partir, j’avais dit que si on faisait troisième comme sur la première étape, ce serait top donc tout est bien, qui finit bien », a-t-il ajouté presque surpris de se hisser, du même coup, sur la deuxième marche du podium au classement général avec une avance de 29 minutes et 11 secondes sur le duo Catherine Pourre – Pietro Luciani qui l’a, certes, devancé de 1h38 ce mercredi après-midi, mais pas suffisamment pour combler totalement son retard cumulé lors de la première manche. « C’est une bonne surprise et c’est de bon augure pour la Transat Jacques Vabre qui aura lieu cet automne », a déclaré son co-équipier. Le grand perdant de l’histoire est, sans conteste, le tandem de Volvo. Jonas Gerckens qui avait remporté le premier acte au côté de Benoît Hantzperg, n’était, il est vrai, pas très optimiste pour garder son rang en sachant que cette deuxième étape allait essentiellement se jouer au reaching et serait, de se fait, plus favorable aux bateaux plus récents et donc plus puissants, mais il espérait évidemment conserver une place dans le trio de tête. Lui et Sophie Faguet qui l’accompagnait sur ce match retour, toujours en mer à l’heure où nous bouclons ces lignes, devront malheureusement se contenter de la médaille en chocolat.

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